Séance 1 : Un peu d’Histoire

Les Femmes à table en l’absence de leurs maris, Abraham Bosse, 1636 Huile sur panneau – 45 x 38,5 cm Musée national de la Renaissance – Château d’Écouen

Il s’agit du salon de Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet, une italienne devenue française en épousant Charles d’Angennes, marquis de Rambouillet. Elle s’ennuyait à la cour et avait une santé fragile, et surtout elle rêvait de revivre la vie brillante et animée qu’elle avait connu en Italie. C’est ce qui la décide à recevoir des intellectuels de son époque chez elle, dans un superbe hôtel particulier qu’elle fait construire en 1604, nommé l’Hôtel de Rambouillet. Beaucoup de ces réunions se déroulent même dans sa « Chambre bleue » connue pour ses riches décorations. Les réceptions ont commencé dès 1610 mais se sont intensifiés surtout entre 1638 et 1642. Elle tint des salons avec sa fille la célèbre et jolie Julie d’Angennes.

Image 1 : Portrait de Catherine de Vivonne, Maison ducale d’Uzès (peintre non identifié)

Image 2 : Portrait de Julie d’Angennes, duchesse de Montausier (1607-1671) par le peintre Claude Déruet

Madeleine de Scudéry fréquente l’Hôtel de Rambouillet avant de lancer son propre salon à Paris en 1652 et jusqu’en 1680 environ.
Elle ne supporte pas la grossièreté et participe à élaborer l’esthétique précieux. Elle aime parler d’amour et d’amitié et a même créé la célèbre Carte du Tendre (voir ci-dessous)
Madeleine de Scudéry reçoit le tout premier prix d’éloquence de l’Académie française en 1671 pour son Discours de la Gloire que vous pouvez lire ici.

Image 1 : Portrait de Madeleine de Scudéry, huile sur toile, École française (Bibliothèque municipale du Havre).

Image 2 : La Carte de Tendre est la carte d’un pays imaginaire appelé « Tendre » imaginé au XVIIe siècle et inspiré par Clélie, Histoire romaine de Madeleine de Scudéry, par différentes personnalités dont Catherine de Rambouillet. On y retrouve tracées, sous forme de villages et de chemins, dans cette représentation topographique et allégorique, les différentes étapes de la vie amoureuse selon les Précieuses de l’époque.

Madame de Sévigné, qui est marquise elle aussi, est célèbre pour sa correspondance avec de nombreux interlocuteurs, ses lettres les plus connues sont surtout celles échangées avec sa fille : Françoise de Sévigné, comtesse de Grignan, on en a retrouvé plus de 1400 lettres ! Dans ces dernières on peut lire un réel regard sur la société du XVIIème siècle, entre critique et admiration. Elle fréquente de nombreux salons littéraires et même la cour du roi. Elle est très proche de Madame de La Fayette.

Image 1 : La marquise de Sévigné vers 1665 par Claude Lefèbvre.
Image 2 : Madame de Lafayette, gravure d’après un portrait aujourd’hui disparu par Louis Ferdinand Elle le Vieux.

Madame de La Fayette est une femme de lettres qui fréquente les salons de Catherine de Rambouillet et de Madeleine de Scudéry avant d’ouvrir le sien à Paris au cours de la seconde moitié du XVIIème siècle.
Elle publie de nombreux textes, plus ou moins longs, dont le plus célèbre est La Princesse de Clèves, dont le personnage principal est sans doute inspiré -pour son caractère mélancolique- par sa grande amie Madame de Sévigné.

Nous visionnons un court documentaire présenté par la metteur-en-scène Martine Amsili.